Créer une petite entreprise artisanale en travaillant de chez soi

L’idée de créer une petite entreprise artisanale tout en travaillant de chez soi séduit de plus en plus : transformer son salon en atelier de couture, une chambre libre en studio de céramique, ou la cuisine en laboratoire de pâtisserie créative. Entre travail à domicile, quête d’indépendance financière et besoin de flexibilité, l’artisanat devient une voie réaliste pour lancer une création d’entreprise sans local commercial ni gros budget. Les profils se multiplient : ex-salariés en reconversion, parents en télétravail, étudiants, retraités actifs… Tous cherchent à vivre d’une activité manuelle, de produits faits main, ou d’un business à domicile qui respecte leur rythme et leur vie familiale. Entre obligations légales, choix du statut d’auto-entrepreneur et aménagement du domicile, les questions sont nombreuses, mais les opportunités le sont tout autant pour bâtir une activité pérenne, créative et alignée avec ses valeurs.

En bref : créer une petite entreprise artisanale en travaillant de chez soi

  • 🧵 Lancer une entreprise artisanale à la maison permet de démarrer avec peu de frais, à condition de bien distinguer domiciliation et lieu réel d’activité.
  • 📌 Le statut d’auto-entrepreneur reste la voie la plus simple pour tester un business à domicile, surtout pour des produits faits main vendus en ligne ou sur marchés.
  • 🏡 Le travail à domicile doit respecter le bail, le règlement de copropriété, les règles de voisinage et parfois des autorisations municipales, surtout dans les grandes villes.
  • 📋 L’immatriculation au Répertoire des Métiers, la déclaration via le Guichet unique et le choix d’une assurance adaptée sécurisent la création d’entreprise.
  • 💶 Aides, microcrédits, accompagnement des Chambres de Métiers et dispositifs en ligne peuvent soutenir votre projet et votre indépendance financière.
  • 🧠 En structurant votre organisation (temps de travail, espace dédié, relation clients), votre petite entreprise artisanale peut devenir un véritable projet de vie durable.

Comprendre ce qu’est une entreprise artisanale à domicile en 2026

Créer une entreprise artisanale chez soi signifie baser son activité sur un savoir-faire manuel ou une technicité précise, exercée à petite échelle, en gardant un nombre limité de salariés. Le cœur du projet repose sur les mains, l’œil, le geste : couture, céramique, boulangerie, pâtisserie créative, coiffure à domicile, réparation, petit bricolage, photographie artisanale, entretien de jardins, rénovation légère… Le numérique sert avant tout à vendre, communiquer, organiser, mais la valeur réside dans la fabrication ou la prestation.

Une activité est généralement considérée comme artisanale lorsqu’elle figure dans le répertoire des métiers, qu’elle ne dépasse pas une dizaine de salariés et qu’elle repose sur une intervention humaine forte. Un atelier de bougies parfumées fait maison, une activité de pâtisserie de quartier ou une prestation de menuiserie sur mesure entrent par exemple dans cette catégorie, même si le chiffre d’affaires grandit avec le temps.

La notion de travail à domicile ajoute une couche particulière : le siège de la petite entreprise se situe chez l’entrepreneur, et l’activité s’y exerce totalement ou en partie. Cela peut aller du salon transformé en atelier textile à la cuisine réaménagée en laboratoire pour quiches, tartes et biscuits. Certains artisans artisanales préparent par exemple des recettes maison, puis livrent en points relais ou sur les marchés. Un tel projet peut naître d’une passion pour la cuisine familiale, parfois à partir d’une recette fétiche repérée sur un site comme cette quiche lorraine généreuse, avant d’être adaptée aux contraintes d’une production régulière.

Les activités artisanales ne se limitent pas au « fait maison » romantique. Le chauffagiste indépendant qui gère son administratif de chez lui, la coiffeuse qui réserve une pièce de son appartement à sa clientèle ou le peintre en bâtiment qui stocke son matériel dans un garage personnel relèvent tout autant de cette logique. Ce qui change, avec le business à domicile, c’est la frontière plus floue entre sphère privée et professionnelle.

Pour beaucoup, ce modèle s’inscrit dans la continuité du télétravail qui s’est banalisé ces dernières années. Après avoir goûté aux journées sans transports, nombreux sont ceux qui souhaitent garder cette flexibilité, mais en l’appliquant cette fois à une véritable création d’entreprise. Le geste artisanal vient alors donner du sens à un quotidien parfois trop numérique.

Les principales motivations reviennent souvent : recherche d’indépendance financière, envie de mieux concilier vie de famille et emploi, besoin de concret, ou tout simplement désir de transformer un hobby en activité rentable. L’expérience de nombreux créateurs montre que le passage du loisir au métier se joue surtout dans la régularité, la gestion et la capacité à accepter que la passion devienne aussi une source de contraintes.

Comprendre dès le départ cette réalité permet d’éviter la désillusion. Une petite entreprise artisanale à la maison ne correspond pas à des journées entières à « bricoler » en toute liberté. Les clients, les délais, les factures, la communication et parfois les imprévus techniques font partie intégrante du quotidien, même si le cadre de travail reste le domicile.

Une fois ce décor planté, la question suivante se pose naturellement : quelles conditions permettent d’être reconnu comme artisan, notamment avec un statut d’auto-entrepreneur ou sous forme de société, et comment prouver sa compétence dans son métier pour rassurer à la fois l’État et les clients ?

Statut d’artisan, qualifications et légitimité professionnelle

Pour prétendre au statut d’artisan, la loi ne se contente pas de la bonne volonté. Une formation ou une expérience solide est demandée, surtout pour des métiers touchant à la sécurité des personnes ou des biens. Dans bien des cas, un CAP ou un BEP dans le métier concerné légitime la compétence : CAP coiffure, CAP boulangerie, CAP électricien, etc. Cette base rassure le client et encadre la responsabilité de l’artisan.

Sans diplôme, une expérience significative peut suffire. Trois années d’exercice dans le métier, même comme salarié ou collaborateur, permettent de justifier d’un vrai savoir-faire. Pour un décorateur qui bricolait déjà sur les chantiers familiaux ou un menuisier formé « sur le tas », cette reconnaissance d’expérience ouvre la voie à une activité en propre, parfois au sein même du domicile, avec l’appui d’un statut adapté.

Certaines activités sont qualifiées de réglementées : coiffure, métiers de l’automobile, de la santé, métiers de bouche… Dans ces cas précis, une qualification professionnelle est exigée, parfois accompagnée de normes spécifiques (hygiène, traçabilité, sécurité des installations). Pour un laboratoire de pâtisserie à la maison, la gestion des températures, le stockage des matières premières ou l’étiquetage des produits conditionnent par exemple la pérennité de l’activité.

La légitimité ne joue pas uniquement sur la conformité légale. Les clients repèrent vite les artisans qui maîtrisent leur discipline, racontent leur démarche, montrent leurs coulisses. Des vidéos courtes sur les réseaux, des explications sur le site, des photos avant/après ou des ateliers découverte renforcent ce lien de confiance. L’entreprise devient plus qu’une structure administrative : un visage, une histoire, un style reconnaissable.

Une fois ce socle posé – métier identifié, compétence assumée – la prochaine étape consiste à choisir une structure adaptée à ce business à domicile.

Choisir le bon statut pour son business artisanal à la maison

Pour une activité artisanale qui démarre depuis le salon ou le garage, le choix du statut juridique représente un pivot. Il conditionne la fiscalité, les cotisations sociales, l’ampleur administrative et parfois la crédibilité vis-à-vis de certains clients. Beaucoup démarrent en auto-entrepreneur, séduits par la simplicité, puis basculent vers une forme de société quand le projet se consolide.

L’entreprise individuelle, dans sa version classique ou en micro-entreprise, reste la solution la plus répandue pour un business à domicile. L’activité est exercée en nom propre, sans capital minimum, avec un fonctionnement allégé. L’option micro permet une comptabilité simplifiée et un calcul des cotisations à partir du chiffre d’affaires encaissé, ce qui rassure au démarrage.

Les formes sociétaires comme la SARL, l’EURL, la SAS ou la SASU deviennent pertinentes dès qu’il existe des associés, un projet de croissance fort ou des besoins de protection du patrimoine personnel plus poussés. Le formalisme augmente : rédaction de statuts, dépôt de capital, publication d’annonce légale, constitution d’un dossier pour le Guichet unique… mais cette structuration offre aussi une image plus « établie » auprès de certains partenaires.

Pour clarifier, un petit tableau comparatif permet de visualiser les différences fréquentes dans un contexte d’entreprise artisanale à domicile :

Forme juridique ⚖️Profil adapté 👤Points forts ✅Points à surveiller ⚠️
Micro-entreprise (auto-entrepreneur)Artisan solo qui teste son activité chez soiSimplicité, charges calculées sur le CA, gestion très légère 😊Plafond de chiffre d’affaires, déduction de charges limitée
EI « classique »Artisan souhaitant déduire plus de frais réelsPlus grande souplesse pour les charges (loyer, matériel, énergie)Obligation de comptabilité plus poussée 📚
EURL / SARLProjet familial ou à plusieurs associésCadre protecteur, image sérieuse, évolution possibleStatuts, capital, formalités plus lourdes dès la création
SASU / SASActivité avec ambition de développement rapideGrande souplesse statutaire, facilité pour l’entrée d’associés 🚀Coût social du dirigeant souvent plus élevé

Au-delà des labels, le choix se fait en fonction de la réalité du quotidien. Un créateur de produits faits main vendus en ligne, dans une pièce de son logement, profite souvent pleinement du régime micro pour se concentrer sur son art. Un artisan du bâtiment qui vise rapidement des chantiers importants avec des salariés envisagera plus volontiers la SARL ou la SAS dès le départ.

La domiciliation, elle, suit ce choix. Pour une société, le siège social peut être fixé au domicile du dirigeant, parfois de façon permanente, parfois pour une durée limitée (cinq ans maximum dans certains cas) si le bail ou le règlement de copropriété l’exige. Pour une entreprise individuelle, la domiciliation à la maison se fait plus simplement, sous réserve qu’aucune clause contractuelle ne l’interdise.

Les démarches, désormais centralisées via le Guichet unique de l’INPI, homogénéisent un peu la procédure. Que ce soit pour une micro-entreprise artisanale en nom propre ou une SASU d’artisan créateur, la plateforme enregistre le dossier, le transmet à la Chambre de Métiers et aux autres organismes, puis délivre les justificatifs nécessaires à l’activité.

Le statut choisi influence aussi l’accès aux aides, aux financements et aux partenariats. Certains dispositifs de microcrédit se montrent plus souples avec les structures individuelles, tandis que des partenaires professionnels préfèrent travailler avec des sociétés pour des contrats plus lourds. Pour une petite entreprise qui démarre chez soi, ce dosage entre simplicité et ambition mérite un vrai moment de réflexion.

Une fois le cadre juridique posé, la question suivante se joue au niveau très concret : comment traduire ce projet sur le terrain, dans les pièces de la maison, en respectant les règles d’urbanisme, d’hygiène et de voisinage tout en gardant un cadre de vie agréable ?

Domiciliation, exercice de l’activité et vie de voisinage

Domicilier une entreprise artisanale chez soi ne signifie pas forcément y installer la totalité des opérations. L’adresse sert de référence administrative : c’est là que les courriers arrivent, que les registres officiels vous localisent, que l’on trouve le « siège » de la société. L’exercice réel, lui, peut se répartir entre le domicile, les domiciles des clients, un marché local, un atelier partagé ou un petit local de stockage externe.

Les règles varient selon la taille de la commune et la nature de l’activité. Dans une petite ville ou un village, transformer une pièce en atelier ne pose souvent pas de difficulté tant que le bail ou la copropriété ne s’y opposent pas et que l’activité ne génère ni nuisances sonores, ni odeurs gênantes, ni va-et-vient incessants. Dans une grande ville, surtout en Île-de-France, des autorisations de changement d’usage peuvent être exigées si une partie importante du logement devient pro.

La frontière entre télétravail et activité artisanale n’est pas toujours claire aux yeux du voisinage. Un artisan qui reçoit des clients pour des essayages, qui fait tourner régulièrement un four professionnel ou qui livre souvent des colis devra souvent expliquer sa démarche, parfois prévenir le syndic ou le propriétaire pour éviter les malentendus. Cette transparence prévient bien des tensions.

Une astuce utilisée par de nombreux créateurs consiste à limiter l’accueil de clientèle au domicile, en privilégiant les ventes en ligne, les envois postaux, les marchés ou les boutiques partenaires. Un pâtissier artisanal peut par exemple préparer ses douceurs chez lui, tout en organisant la dégustation et la vente dans un café voisin, une épicerie fine ou une petite halle gourmande. Ce modèle réduit la pression sur l’appartement tout en gardant un vrai business à domicile.

Lorsque le cadre administratif et spatial devient clair, la question suivante concerne les démarches concrètes de création d’entreprise et les obligations à respecter pour rester en règle tout au long de l’activité.

Démarches, immatriculation et obligations pour une entreprise artisanale chez soi

L’aventure commence souvent par un document que beaucoup repoussent : le business plan. Même pour une petite entreprise de produits faits main, poser sur le papier les coûts, les marges, les besoins de matériel, les charges du foyer et les objectifs de revenus évite les mauvaises surprises. Certains découvrent ainsi que vendre quelques pièces par mois ne couvre pas les dépenses, ce qui incite à ajuster les prix, l’offre ou le rythme de production.

Vient ensuite l’estimation du matériel : machines, outillage, matières premières, emballages, mobilier, rangements… Pour une céramiste à domicile, cela peut signifier l’achat d’un four, de glaises, d’émaux, d’étagères, de plaques de cuisson, sans oublier une bonne ventilation. Pour un artisan en petits travaux de bricolage, ce sera plutôt la panoplie d’outils, le véhicule, les équipements de sécurité, parfois stockés dans un coin du garage.

Le choix du statut posé, les formalités de création se déroulent aujourd’hui principalement en ligne via le Guichet unique. Pour une entreprise individuelle ou une micro-entreprise, il s’agit de remplir le formulaire dédié (type P0), de joindre la pièce d’identité, les attestations nécessaires (filiation, non-condamnation), le justificatif de domiciliation et, pour les activités réglementées, les diplômes ou autorisations.

Pour une société artisanale (SARL, SAS, EURL, SASU), la marche est un peu plus haute : rédaction de statuts, dépôt du capital à la banque, publication d’une annonce légale dans un journal du département, constitution du dossier complet, puis envoi via la même plateforme. Une fois le tout validé, l’immatriculation tombe, accompagnée d’un numéro SIREN et d’une inscription au Répertoire des Métiers. L’entreprise existe officiellement, prête à facturer.

L’étape suivante, souvent sous-estimée, concerne les assurances et les taxes. Un simple contrat habitation ne couvre généralement pas les risques liés à l’activité professionnelle : matériel, stocks, responsabilité civile en cas d’accident d’un client à domicile, cyber-risques si les ventes en ligne explosent. Une extension de garantie ou une assurance professionnelle dédiée deviennent indispensables pour protéger sereinement le business à domicile.

Sur le plan fiscal, l’activité à la maison n’exonère pas de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). La surface utilisée pour l’activité peut être prise en compte, même si elle est modeste. En contrepartie, selon le régime choisi, une partie du loyer, de l’électricité, du chauffage ou de l’abonnement internet peut être imputée à l’activité, ce qui allège un peu la facture globale. Rester précis et cohérent dans ces calculs évite des discussions désagréables avec l’administration.

Pour se repérer dans cette jungle de démarches, certains outils en ligne et accompagnements peuvent faire gagner du temps. Le portail officiel de l’Urssaf, par exemple, propose des simulateurs pour les charges d’auto-entrepreneur et des explications claires sur les régimes disponibles. Les Chambres de Métiers, de leur côté, organisent régulièrement des réunions collectives ou des rendez-vous individuels pour guider les futurs artisans.

Au-delà des textes, une ressource reste précieuse : le partage d’expérience entre artisans déjà lancés. Ceux qui ont transformé un coin de cuisine en laboratoire, un bureau en atelier de bijouterie ou un grenier en studio photo savent ce qui coince ou ce qui facilite la vie. Ce sont souvent eux qui glissent au passage des idées auxquelles on ne pense pas, comme prévoir un congélateur supplémentaire, un chariot à roulettes pour déplacer les cartons, ou un petit coin café pour recevoir un client sans envahir la vie privée.

L’autre grand enjeu pour une activité installée à domicile touche l’équilibre quotidien : temps de travail, temps familial, frontières psychologiques et organisation concrète de l’espace.

Aides financières, accompagnements et leviers pour démarrer plus sereinement

L’indépendance financière ne signifie pas démarrer sans aucun soutien. Plusieurs dispositifs peuvent accompagner une création d’entreprise artisanale à domicile. Les microcrédits professionnels, par exemple, ciblent ceux qui n’ont pas accès à un prêt bancaire classique : chômeurs, jeunes créateurs, personnes en reconversion. Ces prêts de quelques milliers d’euros suffisent souvent à financer le gros du matériel de départ ou une première série de matières premières.

La prime d’activité peut, quant à elle, compléter les revenus modestes des débuts, sous conditions de ressources. Pour un artisan qui jongle entre sa jeune entreprise et une activité salariée à temps partiel, ce coup de pouce permet de ne pas renoncer trop vite face aux fluctuations de commandes. D’autres aides locales (régions, départements, communes) soutiennent les métiers de l’artisanat, notamment en milieu rural.

L’accompagnement ne se limite pas à la question financière. Des plateformes en ligne proposent des tutoriels, des webinaires et des outils de calcul pour anticiper les charges, simuler un statut ou bâtir un prévisionnel. Des réseaux d’entrepreneurs artisanaux organisent aussi des rencontres, des marchés collectifs, des événements thématiques où les créateurs partagent stand, communication et frais. Travailler seul à la maison ne signifie plus être isolé.

Pour rester maître de ce foisonnement d’informations, beaucoup de créateurs adoptent une petite liste personnelle de priorités très concrètes avant le lancement :

  • 📒 Clarifier son offre : quels produits faits main ou quelles prestations, pour quel type de clientèle, à quel prix.
  • 🛠️ Lister le matériel strictement nécessaire pour démarrer, sans surinvestir.
  • 📆 Définir des plages horaires réalistes pour le travail à domicile, compatibles avec la vie privée.
  • 📣 Préparer un minimum de communication : page ou site simple, photos, description claire.
  • 🤝 Identifier au moins un réseau de soutien : CMA, groupe local, formation en ligne, mentor.

Ces quelques points deviennent une boussole lorsque les journées se remplissent de détails administratifs, de tests produits ou de commandes à livrer. Une petite entreprise artisanale ne se construit pas en un jour, mais se renforce à chaque choix lucide et chaque geste concret posé à la maison.

Reste alors un dernier pan, souvent décisif pour la longévité du projet : l’organisation quotidienne et la capacité à protéger sa vie personnelle tout en donnant à l’activité la place qu’elle mérite.

Organiser son quotidien d’artisan à la maison sans se laisser déborder

Travailler là où l’on dort, mange, joue avec les enfants ou reçoit des amis peut vite brouiller les repères. Sans un minimum de structure, la petite entreprise artisanale envahit peu à peu la maison, puis l’esprit. Le stock déborde dans le salon, les mails client s’invitent à table, les commandes urgentes grignotent les week-ends. La frontière entre temps pro et temps perso devient poreuse.

La première clé consiste souvent à délimiter un espace, même modeste, clairement dédié au business à domicile. Un coin d’atelier dans le séjour, une table pliable réservée à la couture, une étagère consacrée aux emballages… Ce marquage physique aide le cerveau à passer en mode « travail » dès que l’on s’y installe, et à décrocher une fois le matériel rangé. Certains artisans vont jusqu’à fermer symboliquement une porte le soir, même si l’atelier reste un simple recoin.

Le temps, lui aussi, gagne à être borné. Plutôt que de « travailler tout le temps un peu », beaucoup optent pour des plages définies : matin consacré à la production, début d’après-midi à l’administratif, fin de journée aux livraisons ou à la communication. Un parent qui gère aussi les devoirs, les bains et les sorties école sait combien cette structure allège la charge mentale, même si la réalité impose régulièrement quelques ajustements.

Un autre point sensible concerne la gestion des commandes. Accepter chaque demande « parce que c’est une opportunité » peut vite mener à l’épuisement. Apprendre à dire non, proposer des délais réalistes, regrouper certaines productions ou instaurer des jours fixes d’expédition préserve à la fois la qualité du travail et la santé, tout en donnant au client un cadre clair.

La maison, elle, doit continuer à être un lieu de vie. Pour maintenir cet équilibre, certains rituels deviennent précieux : ranger l’atelier chaque soir, partager au moins un repas sans téléphone, réserver une soirée par semaine sans parler de l’entreprise. Même un simple moment en cuisine, à préparer un plat convivial ou une tarte salée inspirée d’une recette de quiche revisité, peut servir de coupure bienvenue après une journée consacrée à l’artisanat.

Le numérique participe autant à l’organisation qu’aux dérives. Des outils simples (agenda partagé, application de listes, logiciel de facturation) aident à structurer la journée et suivre les finances. À l’inverse, la tentation de répondre immédiatement à chaque notification ou message client à toute heure nuit à la vie familiale. Fixer des horaires de réponse et l’indiquer clairement dans les échanges devient vite un réflexe salutaire.

Au fil des mois, beaucoup de créateurs constatent que la vraie liberté ne vient pas d’un agenda vide, mais de règles internes choisies volontairement. Le travail à domicile, quand il s’appuie sur ces garde-fous, permet de profiter du meilleur des deux mondes : une activité créative, des revenus maîtrisés et la possibilité de rester présent pour ceux qui comptent, sans sacrifier toute son énergie au projet.

Pour terminer ce tour d’horizon, quelques réponses ciblées aux questions les plus fréquentes peuvent aider à éclairer des zones encore floues autour de la création d’entreprise artisanale depuis chez soi.

Un auto-entrepreneur peut-il toujours exercer son activité artisanale à domicile ?

Oui, un auto-entrepreneur peut tout à fait exercer une activité artisanale depuis son domicile, à condition de respecter plusieurs points : vérifier que le bail ou le règlement de copropriété ne l’interdit pas, s’assurer que l’activité ne crée pas de nuisances importantes pour le voisinage, et respecter les règles d’urbanisme ou d’usage des locaux, notamment dans les grandes villes. La domiciliation de l’entreprise à la maison reste possible même si les prestations se déroulent principalement chez les clients ou en extérieur.

Quelle assurance prévoir pour un business artisanal à la maison ?

Une assurance habitation classique ne couvre généralement pas l’activité professionnelle. Il est recommandé de contacter son assureur pour déclarer l’activité, puis de souscrire soit une extension spécifique, soit une assurance professionnelle distincte. Cette couverture doit englober au minimum la responsabilité civile professionnelle (en cas de dommage causé à un client), la protection du matériel et des stocks, et, si l’activité se fait en ligne, une garantie contre certains risques informatiques ou pertes de données.

Comment gérer la fiscalité et la CFE pour une petite entreprise artisanale à domicile ?

Le fait de travailler à la maison ne dispense pas de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). La surface utilisée pour l’activité doit être déclarée, même si elle est réduite. Selon le régime choisi, une partie des charges du logement (loyer, électricité, chauffage, internet) peut être imputée à l’activité, à condition de pouvoir justifier la méthode de calcul. Les régimes simplifiés, comme la micro-entreprise, facilitent les démarches mais limitent les déductions au forfait.

Quelles sont les meilleures idées d’entreprise artisanale pour le travail à domicile ?

Les activités qui s’adaptent le mieux au domicile sont celles qui ne nécessitent pas de machines trop volumineuses ni de fortes nuisances : création de bijoux, couture et retouches, pâtisserie ou traiteur en petite capacité, bougies et savons artisanaux, illustration, décoration personnalisée, petits travaux de bricolage avec gestion administrative depuis la maison, coiffure ou soins esthétiques dans une pièce dédiée. L’important est de vérifier les règles applicables à chaque métier, notamment en matière d’hygiène et de sécurité.

Comment concilier vie de famille et entreprise artisanale chez soi ?

La conciliation passe par trois leviers : un espace clairement identifié pour l’activité, même modeste ; des horaires définis et communiqués à l’entourage ; et des rituels de coupure pour ne pas laisser le travail envahir toute la vie familiale. Prévoir des temps de production concentrés, anticiper les pics de commandes et accepter parfois de refuser un projet pour préserver l’équilibre permet de bâtir une activité durable, sans épuisement ni tensions à la maison.

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Julian

Papa de deux adorables enfants et passionné par la décoration et l’aménagement intérieur, je partage ici mes meilleures astuces pour un quotidien à la maison plus doux, pratique et inspirant.

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